17.10.06

Que fait la police ?

Pour le savoir, dépêchez vous de vous rendre ici, sur la version en cache, avant qu'elle ne disparaisse totalement de l'hyperespace :
http://64.233.183.104/search?q=cache:yaOJi1Yco70J:quefaitlapolice.blogspot.com


On y apprend à quoi un policier pense quand il doit intervenir :
- pour aider une patrouille attaquée dans une cité (18 septembre 2006),
Le collègue qui vitupère dans la radio est une jeune femme, elle ne semble pas affolée mais elle transmet difficilement sa position. Mieux vaut connaitre son secteur lorsque la situation devient périlleuse. Systématiquement lorsque vous prenez une rue, vous en lisez le nom, car on ne sait jamais vraiment ce qu'on va trouver au bout. C'est pour cela aussi que les équipages doivent s'annoncer impérativement sur place lorsqu'ils sont envoyés sur une mission. "Ils nous caillassent !" On peut entendre distinctement des cris de haine, et des bruits d'objets que l'on casse pendant les transmissions. La voix à la radio me glace le sang.
- dans l'appartement d'une vieille dame morte (22 septembre 2006),
La concierge semble si proche de cette vieille dame, que l'on évite les dialogues de circonstances. Nous n'avons plus qu'à attendre les sapeurs pompiers afin qu'ils puissent faire une ouverture de porte dans les règles. Ce que je vais voir derrière cette porte me semble évident, mais j'y suis habitué. Je me vois déjà en train de jeter toute ma panoplie de flic au lave-linge, tant l'odeur de la mort colle. C'est une odeur pesante qui agit sur la conscience, indéfinissable, il faut juste l'avoir déjà respirée pour comprendre. Pour y palier, certains respirent par la bouche, d'autres se mettent des clopes dans le nez ou du Vics à la menthe sous les narines. Moi, j'y vais à l'ancienne.
- pour faire du social (29 septembre 2006),
Comme d'habitude, il faut chercher le nom du requérant sur un interphone gigantesque, et, évidement, le nom à chercher est le dernier de la liste, peu importe dans le sens où vous avez commencé. Et encore, le plus souvent, les noms sont effacés pour éviter à la police de trouver ceux qu'elle vient parfois chercher. Le choix est vite fait, on évite de se taper les 14 étages à pieds, où reposent détritus, excréments, épaves de cyclos,... et on préfère l'ascenceur douteux et grinçant dans lequel une flaque d'urine macère. On appuie sur ce qu'il reste du bouton brûlé au zippo et on patiente durant la montée en lisant les inscriptions intelligentes, taguées au couteau sur les parois.
- pour séparer des couples violents (5 ocotobre 2006).
J'ouvre la porte avec méfiance, l'ambiance est un rien sinistre. La lumière de la chambre est éteinte, et ne fonctionne pas. Un coup de maglite au hasard dans le noir me dévoile des jambes croisées sur un lit. Le mari est allongé tranquillement dessus et semble se satisfaire d'une sieste. On l'invite à se relever et à nous expliquer ce qu'il s'est passé. Il se lève doucement, met ses mains dans les poches. Il s'agit d'une jeune de 24 ans, torse-nu ; il répond calmement : "Allez vous faire foutre, cette grosse pute ne déposera pas plainte." Déconcertant, peu rassurant, mais pas surprenant.
Dommage qu'un blog aussi bien écrit ne continue pas.

Sauf à imaginer qu'il s'agisse d'un canular (est-ce bien un policier qui écrit ?), je ne vois pas dans ces textes de raisons objectives de stopper sa publication.