17.2.08

Yves Jégo : "on veut abattre le préident"

C'est dans LE Figaro, et c'est à pleurer. De rire. Ou de honte. Au choix...

LE FIGARO. Comment expliquez-vous la forte baisse de Nicolas Sarkozy dans les sondages ?

Yves JÉGO. Les forces les plus secrètes du conservatisme doivent être très puissantes en France. Elles ont bien compris que Nicolas Sar­kozy veut engager la rupture dans tous les domaines et, du coup, elles ont décidé de s'attaquer à lui. Il y a d'un côté ceux qui désespèrent de la gauche, et qui, n'ayant plus d'armée officielle, veulent développer une forme de terrorisme intellectuel dans notre pays. De l'autre côté, viennent s'ajouter ceux qui veulent garder leurs avantages acquis et qui ont peur du changement. Il y a là une conjonction d'intérêts inédite sous la Ve République. C'est la première fois que l'on veut «abattre» avec tant de force un président de la République alors qu'il n'y a pas de crise politique et sociale, ni même de grèves massives.

La surmédiatisation de la vie privée du président ne fausse-t-elle pas la donne ?
Il est certain que la vie privée du président fait vendre. Depuis le début de l'année, la moitié des unes de magazines ont été consacrées à cela, pour des raisons économiques. C'est plus que du harcèlement, c'est une forme de complot politico-financier qui ne s'appuie sur aucune justification rationnelle. Avant, la presse était de connivence avec les présidents qui mentaient sur leur vie privée. Aujourd'hui, elle semble vouloir porter atteinte à celui qui dit la vérité sur sa vie privée. À longueur de colonnes, certains expliquent que la vie privée du président de la République prend trop de place. Ce sont souvent les mêmes qui, pour faire de l'argent, utilisent cette même vie privée. C'est la logique du pompier pyromane. Je comprends parfaitement que les Français en aient assez, mais ils vont s'apercevoir eux aussi que Nicolas Sarkozy est la victime et non pas l'organisateur de cette dérive incroyable.

Ce climat aura-t-il des conséquences aux élections municipales ?
Nous verrons si l'opération de destruction a fonctionné, mais je sens qu'une réaction est en train de se produire. Les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir réagir pour ne pas se laisser voler leur victoire de mai 2007 que certains essaient d'étouffer avec ce rideau de fumée. Ce terrorisme intellectuel malveillant suscite une révolte dans l'opinion, qui n'a­c­cepte plus cette méthode de lynchage permanent. Les ministres, les élus, les militants ont le devoir de se mobiliser d'autant que notre bilan des neuf mois est plus que positif. 36 % des salariés du privé ont vu leurs revenus augmenter grâce aux heures supplémentaires. Le nombre de clandestins a diminué de 6 % en 2007. Nous avons battu tous les records avec 435 000 logements mis en chantier dont 70 000 logements sociaux, soit le double des socialistes en 2001. L'UMP diffuse à 4 000 000 exemplaires un document synthétisant les 50 chantiers ouverts depuis neuf mois par le président qui est en train de gagner la bataille de la modernisation.