16.2.10

La vidéosurveillance ne sert à rien ! Ne la développons pas !

Alors que la LOPPSI, en cours d'adoption par l'Assemblée UMP, vise à tripler le nombre de caméras en France, en étendant le champ d'utilisation possible de la vidéosurveillance (rebaptisée, novlangue oblige, vidéo PROTECTION !), un fait divers vient étayer le fait qu'augmenter le nombre de caméras ne contribue en rien à diminuer la criminalité.
L'idée de la vidéosurveillance est qu'un criminel ne fera rien s'il est dans le champ d'une caméra, puisqu'il pourrait être reconnu, voire être détecté avant qu'il ne commette son crime, selon les nouvelles méthodes d'analyse d'image relevant du rapport minoritaire de K. Dick...
Et hier, dans un lycée de Thiais, dans le Val-de-Marne, qu'apprend-on ?
Un élève de 17 ans d’un lycée de Thiais a été blessé à coups de cutter lundi durant un cours d’éducation physique dans un gymnase jouxtant cet établissement du Val-de-Marne.
Des détails ?
Aux alentours de midi, six personnes, la tête masquée par des capuches et des foulards, ont fait irruption dans le gymnase pendant un cours qui réunissait deux classes de terminale du lycée polyvalent Guillaume-Apollinaire et ont attaqué la victime avant de prendre la fuite, a indiqué le procureur de Créteil Jean-Jacques Bosc.
Touché notamment à l’oreille, le jeune homme a été transporté à l’hôpital parisien de Lariboisière (Xe arrondissement) dans un état qui n’inspirait pas d’inquiétude, selon lui.
«Ils ont d’abord aspergé les élèves avec des bombes lacrymogènes, puis ils ont poursuivi un des élèves à l’extérieur du gymnase et l’ont frappé à coups de batte de base-ball et de cutter», a déclaré à l’AFP Sophie Richard, le professeur de sports qui faisait cours au moment de l’incident. «Il a également fallu gérer les crises d’angoisse et d’asthme des élèves touchés par les gaz lacrymogènes.»
«La victime avait du sang partout sur ses bras», a déclaré Liliane Dewez, gardienne de ce gymnase dont les différentes entrées sont fermées ou surveillées. Les agresseurs sont entrés «en sautant par dessus les grilles», a-t-elle encore déclaré.
Mais le détail qui tue est le suivant :
Vaste bâtiment bordé par une cité HLM, ce lycée polyvalent de 1.500 élèves est équipé d’un dispositif de vidéosurveillance.
Et donc ?
Donc le système de vidéo "protection" était en place dans cet établissement.
A-t'il empêché des gens de sauter la grille ? Non.
A-t'il empêché des gens d'entrer dans le gymnase ? Non.
A-t'il empêché des gens de gazer les élèves ? Non.
A-t'il empêché des gens de frapper un élève ? Non.
Alors ?
Alors il faut PLUS de caméras, c'est LOPPSI qui le dit !
Toutes ces caméras ont un coût pour la société. Mais elles ne servent à rien ou presque. L'efficacité de dissuasion est nulle. L'efficacité d'aide à la résolution des affaires est aléatoire. Ces gens étaient masqués, ils étaient décidés à frapper, la vidéosurveillance les a t'elle dissuadés ?
Partout, des caméras, pour quel résultat ? Aucun.
Et le gouvernement prévoit d'imposer aux maires des communes récalcitrantes l'installation de systèmes de vidéo, au besoin par le préfet. C'était l'amendement CL160 du projet de loi. Il a disparu. Temporairement. Car l'objectif affiché est de multiplier les caméras. Malgré la volonté des citoyens et des maires en charge de la police dans leur commune...
Qu'elle est douce la France d'après !

Libellés : , ,